Article de POLITIS

Devant 20 000 supporteurs réunis à Bercy – d’après les organisateurs –, le candidat d'En Marche ! a changé son fusil d’épaule, s’adressant principalement à la « deuxième gauche ».

Bercy s’est rempli pour le dernier grand meeting d'Emmanuel Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle. 20 000 supporteurs sont annoncés. Les rangées placés au bas des gradins sont floqués de tee-shirt roses, jaunes et bleus. Des couleurs pastels distribuées à l’entrée, avant que chacun soit placé par les équipes du candidat pour un show à l'américaine, désormais bien rodé.

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Parmi eux, nous avons retrouvés des militants socialistes de Manuel Valls, que nous avions rencontrés à l’occasion de la soirée des résultats de la primaire de la Belle Alliance Populaire, se terminant par l’échec cuisant de l’ancien premier ministre socialiste. « C’est exactement comme Hollande en 2012, s’amuse Gilles, visiblement pas très dépaysé. Vu la sociologie des personnes présentes : se sont des électeurs de gauche. » « Même ambiance musicale, même remplissage », confirme son collègue, lui aussi présent chez Manuel Valls, le soir de la défaite.

Sur un discours aux tonalités « hollandaises », Emmanuel Macron n’a cessé de rappeler une série de généralités historiques et factuelles, s’en prenant particulièrement à François Fillon et Marine le Pen, mais sans jamais vraiment les nommer.

Son propos collait à bien des égards au discours prononcé par François Hollande au même endroit en avril 2012 ; le futur Président voulait alors que « les Français reprennent la longue marche du progrès » et terminait par la volonté d‘une victoire qui ne soit pas « d’un camp contre un autre, d’un parti contre un autre, non, d’une France réunie ». Emmanuel Macron a clairement flatté son électorat issu de la deuxième gauche.

Outre l’incontournable Général de Gaulle, cité pour justifier son recours abusif à l'expression « en même temps » – « Je choisis comme de Gaulle le meilleur de la droite, de la gauche et du centre. (...) Je choisis en même temps les racines et les ailes. » –, les personnalités citées sont Pierre Mendès France, François Mitterrand et Michel Rocard… dont le candidat Macron se dit héritier, allant même jusqu’à déplorer l’échec du combat mené depuis trente ans contre « l’ultra-libéralisme que personne n’a pu contrôler »… avant de vanter la « flexibilité du travail ». On croit rêver !

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par Nadia Sweeny
publié le 17 avril 2017

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