Collectif Front de Gauche de Bouray-Janville-Lardy

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Ce blog est un outil de contact et d'information créé  par le Collectif Front de Gauche de Bouray-Janville-Lardy, présent sur les communes de Bouray sur Juine, Janville sur Juine, Lardy et plus loin...  il s'adresse aux citoyens qui placent l'Humain au centre de leur quotidien et de notre société.

A l'origine le Front de Gauche et son programme "L'Humain D'abord" est une coalition de partis politique français (PCF, PG, Ensemble, PCOF, République et Socialisme) souhaitant rassembler les forces de la gauche antilibérale hostiles notamment à l'Europe libérale et à la ratification du traité de Lisbonne.

Le collectif soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon (JLM2017) à l'élection présidentielle et son programme "L'avenir en commun" .

 

Félicitations aux députés du Parti Communiste Français et de France Insoumise

 

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  « Le système n’a pas peur de la gauche, il a peur du peuple. »

 

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22 septembre 2018

Duke Nulem 3D ou Ephad 3D ?

 

VIDEO. Maisons de retraite : derrière la façade

Nourriture rationnée, soins bâclés, personnel insuffisant… les patients sont-ils maltraités dans les Ehpad ? Près d’un quart de ces établissements affichent des taux de profit records. Font-ils des économies sur le dos de nos aïeux ? Une enquête d'"Envoyé spécial".

 

 

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Frais de Santé, reste à charge

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Révolution française. 1792. Robespierre, et la République

Histoire. Pour Maximilien Robespierre, au lendemain des 21 et 22 septembre 1792, la République et son exigence démocratique sont un idéal et une œuvre à accomplir.

La Révolution française a cette particularité, par rapport aux révolutions qu’ont connues à la fin du XVIIIe siècle les États-Unis, les Provinces-Unies (Pays-Bas) et les Pays-Bas autrichiens (Belgique), de ne pas s’être d’abord opérée par le rejet d’un prince ; au contraire, pendant plus de trois années, les députés de la Constituante (1789-1791), puis de la Législative (1791-1792), ont voulu conserver à Louis XVI certaines de ses prérogatives… Ce n’est qu’à l’issue de l’insurrection du 10 août 1792, dans les deux premières séances d’une nouvelle Assemblée, la Convention nationale, que la France est pour une première fois entrée en République.

Robespierre n’est pas étranger à l’événement. Sans l’avoir préparé, il l’a appelé de ses vœux. Alors que les armées étrangères menacent les frontières, que le roi est soupçonné de trahison, il s’indigne de la complaisance de la Législative pour le général de La Fayette, en qui il craint un Cromwell prêt à se saisir du pouvoir, ou un Monck capable de restaurer l’Ancien Régime. Le 29 juillet 1792, au club des Jacobins, il n’est pas seul à envisager une défaite militaire et un triomphe de la contre-révolution ; à la tribune, il succède au militant Legendre, qui vient d’appeler à l’insurrection....

 

La suite sur l'HUMANITE

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13 septembre 2018

Plan pauvreté de Macron

C'est ça En Marche, c'est aussi cette question que l'on aime poser au grand commandeur des liberaux, comment faire sortir de la pauvreté 5.000.000 de chômeurs avec 350.000 emplois non pourvues ?

 

Merci de nous éclairer !!

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09 septembre 2018

Le modèle qui inspire Emmanuel Macron

L’enfer du miracle allemand

La population allemande, appelée aux urnes le 24 septembre, n’a jamais compté aussi peu de demandeurs d’emploi. Ni autant de précaires. Le démantèlement de la protection sociale au milieu des années 2000 a converti les chômeurs en travailleurs pauvres. Ces réformes inspirent la refonte du code du travail que le gouvernement français cherche à imposer par ordonnances.

LIRE LA SUITE....

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31 août 2018

...retour du Danemark

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Une leçon de Karl Marx

Newsletter de Révolution

L’instabilité permanente – économique, politique, diplomatique et militaire – est la caractéristique centrale de notre époque. Au fond, cette instabilité découle de la profonde crise d’un système, le capitalisme, qui ne joue plus aucun rôle progressiste. Il a depuis longtemps dépassé ses propres limites ; il n’est plus compatible avec le progrès social. A vrai dire, il n’est même plus compatible avec le maintien des éléments de protection sociale qui ont été conquis dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, tout au moins dans les pays les plus industrialisés.

Karl Marx, qui a exposé scientifiquement les contradictions inhérentes au système capitaliste, résumait le problème d’une formule simple : les forces productives développées par le capitalisme finissent, à un certain stade, par se heurter aux limites de ce même système, c’est-à-dire aux rapports de production bourgeois – dont la course aux profits est la loi suprême, quoi qu’il en coûte aux hommes et à l’environnement. Et dès lors, expliquait Marx, « les forces productives se révoltent contre les rapports de production ». Telle est bien, en dernière analyse, la cause fondamentale du chaos qui règne à travers le monde.

Tous les équilibres – entre les classes et entre les Etats-nations – subissent des pressions colossales. Tôt ou tard, ces équilibres se brisent. Prenons deux exemples récents.

En Russie, après des années de relative stabilité sociale, la contre-réforme des retraites annoncée par le gouvernement a poussé des centaines de milliers de personnes dans les rues. La popularité de Vladimir Poutine chute rapidement, au point que les instituts de sondages ont renoncé à la rendre publique. C’est un tournant dans la vie politique de ce pays.

En Turquie, c’est la monnaie nationale qui a rapidement chuté. La banque centrale turque peut bien « prendre des mesures », elle aura du mal à empêcher le pays de sombrer dans la récession, car cette crise monétaire est la conséquence des profonds déséquilibres de l’économie turque. Une récession porterait un coup sévère au régime d’Erdogan – et aurait d’importantes répercussions internationales (économiques et politiques).

On pourrait multiplier les exemples à partir de l’actualité de ces derniers mois. Nous en donnons plusieurs dans notre compte-rendu du Congrès mondial de la Tendance Marxiste Internationale, qui s’est tenu fin juillet. Ici, mentionnons encore les conséquences de plus en plus évidentes – et inquiétantes – du réchauffement climatique, dont les classes dirigeantes se demandent avec angoisse comment elles vont pouvoir... en tirer de nouveaux profits. Lénine disait : « les capitalistes vous vendront la corde pour les pendre ». En l’occurrence, il ne s’agit plus seulement de leur cou, mais aussi – et d’abord – du nôtre. Le capitalisme mène la civilisation humaine au désastre : ce fait joue et jouera un rôle important dans la politisation de la jeunesse et des travailleurs.

Macron benallisé

En France, Macron annonce une nouvelle série de coupes budgétaires et de contre-réformes. La destruction du système des retraites est à l’ordre du jour. L’assurance chômage est aussi dans le viseur. Quant au projet de budget pour 2019, il prévoit (entre autres) de ponctionner les revenus annuels des plus pauvres de plus de 500 euros, tout en précisant qu’ils pourront en récupérer 200 s’ils font des heures supplémentaires. Ceci fera une belle jambe aux chômeurs et aux retraités ! Le gouvernement se justifie : « on favorise le travail ». Mais aucun travailleur n’en sortira gagnant. Seul le Capital est « favorisé », choyé, arrosé d’allègements fiscaux et de subventions en tous genres.

Macron veut aller vite, enchaîner les attaques, comme il l’a fait depuis son élection, non sans succès. Il table, une fois de plus, sur l’incapacité des directions syndicales à organiser sérieusement la lutte – et, notamment, à sortir de l’impasse des « journées d’action » sans lendemain (et sans effets). Il table aussi sur la complicité pure et simple de certains dirigeants syndicaux, du genre de Jean-Claude Mailly, qui a quitté la tête de Force Ouvrière pour rejoindre une officine patronale, avec la facilité et l’insouciance d’un voyageur qui change de compartiment de train.

Cependant, la modération ou la trahison des directions confédérales ne sont pas un obstacle absolu au développement de la lutte des classes. L’histoire de notre pays ne manque pas de mouvements de masse échappant au contrôle des chefs syndicaux. Les conditions d’un tel scénario sont de nouveau réunies ; chacune des offensives du gouvernement en renforcera la possibilité. Les nombreuses grèves combatives de ces 12 derniers mois, dans différents secteurs, ont déjà signalé une nette élévation de la température sociale. Par exemple, la situation dans le secteur de la santé est explosive – ce qui ne dissuade pas la ministre de la Santé d’annoncer de nouvelles coupes dans les hôpitaux.

En outre, les affaires Benalla et Kohler ne peuvent qu’alimenter la combativité de notre camp, à terme. Dans la jeunesse et le salariat, ces affaires renforcent le rejet, voire le dégoût, des institutions de la « démocratie » bourgeoise. Elles alimentent donc l’idée – correcte – qu’un changement radical de régime est nécessaire. Ceci jouera un rôle non négligeable dans le développement des luttes à venir. D’ores et déjà, l’affaire Benalla complique le projet de réforme de la Constitution, dont l’objectif est de limiter les capacités de l’opposition parlementaire à ralentir le rythme des mauvais coups. Car enfin, un chef de barbouzes, même jupitérien, semble bien mal placé pour imposer un « meilleur fonctionnement démocratique » !

Une époque révolutionnaire

Au début de cet article, nous avons mentionné l’une des plus importantes découvertes scientifiques de Karl Marx. Citons quelques lignes célèbres où il résume cette découverte : « A un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale. » [1] (nous soulignons).

Telle est bien l’autre caractéristique centrale de notre époque : elle est révolutionnaire. Cela ne signifie pas, bien sûr, que des révolutions éclatent partout et tout le temps. Mais cela signifie que partout des révolutions se préparent, mûrissent, comme une conséquence inévitable de la crise organique du capitalisme. En fait, ce processus a déjà commencé. Une vague révolutionnaire a balayé le continent latino-américain dans les années 2000. Puis, en 2011, la révolution a gagné le monde arabe. Et désormais, elle frappe aux portes de l’Europe.

La France ne fera pas exception. Mais comme l’expliquait Marx, une crise révolutionnaire ne permettra pas, en elle-même, de résoudre les problèmes des masses. Celles-ci auront besoin d’une organisation déterminée à renverser le système capitaliste, à porter les travailleurs au pouvoir et à réorganiser la société sur des bases socialistes. La construction d’une telle organisation est la tâche la plus urgente du moment. C’est notre tâche.


[1] Préface de la Critique de l’économie politique (1859).


Sommaire

Une leçon de Karl Marx - Edito du n°27
Ma journée comme conseiller de vente chez Castorama
L’hôpital public en ébullition
Marseille : la résistance exemplaire des travailleurs du McDonald’s des quartiers Nord !
Jean-Claude Mailly rejoint ses maîtres
Parcoursup : « en marche » vers une université fermée
Forces et faiblesses de la France insoumise
Congrès du PCF : des oppositions, mais pas de solutions
Où va le Mexique ?
Les migrants, otages de la bataille navale des dirigeants européens
Succès du Congrès mondial de la Tendance Marxiste Internationale
Pourquoi les marxistes s’opposent au terrorisme individuel (Trotsky)
La « révolution mondiale » : une utopie ?

 

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28 août 2018

Le gouvernement commande 40.000 grenades lacrymogènes

 

Dans un avis de marché public paru le 23 août, le gouvernement lance la commande de 40.000 grenades lacrymogènes de « désencerclement », pour un montant de 1,7 million d’euros.

En mai, il avait déjà lancé la commande de grenades pour 17 millions d’euros.

Ceci donne le ton de l'ampleur des réformes à venir à l'encontre du peuple et aux profits des (gros) actionnaires, banques et autre détenteurs des moyens de production.

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26 août 2018

Comment les riches détruisent le monde

Et si la dégradation de l’environnement était intimement liée à la crise sociale dans le monde ? En effet, ceux qui détiennent les leviers politiques et financiers sont aussi les promoteurs d’un modèle de consommation à outrance, dévastateur pour la planète... mais imité par les couches moyennes. Que ceux du haut de l’échelle misent sur la décroissance, et l’effet d’entraînement est assuré... La préservation de la terre passe par plus d’égalité.

par Hervé Kempf 

Les trois ou quatre générations situées à la charnière du troisième millénaire sont les premières dans l’histoire de l’humanité, depuis que les bipèdes arpentent la planète, à se heurter aux limites de la biosphère. Cette rencontre ne se fait pas sous le signe de l’harmonie, mais sous celui d’une crise écologique majeure.

Soulignons-en quelques aspects. Le premier d’entre eux est l’inquiétude nouvelle des climatologues : ils raisonnent depuis quelques années sur l’hypothèse d’une irréversibilité possible du changement climatique. Jusqu’à présent, on pensait qu’un réchauffement graduel interviendrait, mais que, quand l’humanité se rendrait compte de la gravité de la situation, il serait possible de revenir en arrière et de retrouver l’équilibre climatique. Les climatologues nous disent qu’il est possible qu’on atteigne un seuil tel que le système climatique dérape vers un désordre irréversible. Plusieurs séries d’observations nourrissent cette inquiétude : les glaciers du Groenland fondent bien plus vite que ne le prévoyaient les modélisateurs  ; les océans pourraient pomper moins de gaz carbonique ; le réchauffement déjà à l’œuvre, accélérer la fonte du pergélisol, cette immense couche de terre gelée située en Sibérie et au Canada, qui de ce fait menacerait de relâcher les quantités énormes de gaz carbonique et de méthane qu’elle recèle.

Une deuxième observation est que la crise écologique ne se réduit pas au changement climatique. Celui-ci est le phénomène le mieux connu du grand public, il n’est cependant qu’un volet de la crise globale, dont un autre a une importance sans doute équivalente : l’érosion de la biodiversité, dont l’ampleur ne peut être mieux illustrée que par le fait que les spécialistes parlent de « sixième crise d’extinction » pour désigner la disparition accélérée d’espèces que notre époque expérimente. La cinquième crise d’extinction, il y a soixante-cinq millions d’années, avait vu la disparition des dinosaures.

Troisième volet, peut-être moins sensible ou moins bien synthétisé que la problématique du changement climatique : une contamination chimique généralisée de notre environnement, dont deux aspects sont particulièrement troublants. D’une part, les chaînes alimentaires sont contaminées, certes à des doses minimes, par des polluants chimiques. D’autre part, il apparaît de plus en plus clairement que le plus grand écosystème de la planète, l’ensemble des océans, que l’on pensait presque infini dans sa capacité de régénération, est de plus en plus affaibli, soit par la pollution, soit par la dégradation de tel ou tel de ses écosystèmes particuliers.

Cette entrée en matière définit l’urgence politique de notre époque. Cependant, ce n’est pas d’aujourd’hui, ni même d’hier, mais depuis plusieurs décennies que notre société est avertie du péril. Depuis que Rachel Carson a lancé l’alerte avec Le Printemps silencieux en 1962, depuis que, dans les années 1970, la question écologique a pénétré avec éclat le débat public, conférences internationales, articles scientifiques, luttes des écologistes ont depuis lors amassé une masse de connaissances confirmant toujours la tendance générale.

Pourquoi, alors, nos sociétés ne s’orientent-elles pas vraiment vers les politiques qui permettraient d’éviter l’approfondissement de la crise écologique ? C’est la question cruciale. Pour y répondre, il faut analyser les rapports de pouvoir dans nos sociétés. Elles sont en effet organisées pour bloquer ces politiques nécessaires.

Comment ? Depuis une vingtaine d’années, le capitalisme se caractérise par le retour de la pauvreté dans les pays riches. Le recul du taux de pauvreté, continu depuis la fin des années 1940, s’est interrompu dans les pays occidentaux voire, dans certains cas, s’est inversé. De même, le nombre de personnes en situation de précarité, c’est-à-dire légèrement au-dessus du seuil de pauvreté, augmente lui aussi de façon régulière. Par ailleurs, au niveau mondial, le nombre de personnes en situation de pauvreté absolue, c’est-à-dire disposant de moins de 2 dollars par jour, reste de l’ordre de 2 milliards, tandis que l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (en anglais, Food and Agricultural Organization, FAO) estime à 820 millions le nombre d’humains insuffisamment nourris.

L’augmentation des inégalités depuis une vingtaine d’années constitue un autre aspect de la crise sociale. De nombreuses études l’attestent. L’une d’entre elles, conduite par deux économistes de Harvard et du Federal Reserve Board, est des plus parlantes. Carola Frydman et Raven E. Saks ont comparé le rapport entre le salaire gagné par les trois premiers dirigeants des cinq cents plus grandes entreprises américaines et le salaire moyen de leurs employés. Cet indicateur de l’évolution des inégalités reste stable des années 1940, moment où commence l’observation, jusqu’aux années 1970 : les patrons des entreprises considérées gagnaient environ trente-cinq fois le salaire moyen de leurs employés. Puis se produit un décrochement à partir des années 1980, et le rapport monte de façon assez régulière jusqu’à atteindre environ cent trente dans les années 2000.

Ces études signifient qu’une rupture majeure est intervenue dans le fonctionnement du capitalisme depuis soixante ans. Durant ce que l’on a appelé les « trente glorieuses », l’enrichissement collectif permis par la hausse continue de la productivité était assez équitablement distribué entre capital et travail, si bien que les rapports d’inégalité demeuraient stables. A partir des années 1980, un ensemble de circonstances, qu’il n’est pas lieu d’analyser ici, a conduit à un décrochage de plus en plus prononcé entre les détenteurs du capital et la masse des citoyens. L’oligarchie accumule revenus et patrimoine à un degré jamais vu depuis un siècle.

Il est essentiel de s’intéresser à la façon concrète dont les hyper-riches utilisent leur argent. Celui-ci n’est plus caché comme au temps de l’austère bourgeoisie protestante décrite par Max Weber : il nourrit au contraire une consommation outrancière de yachts, d’avions privés, de résidences immenses, de bijoux, de montres, de voyages exotiques, d’un fatras clinquant de dilapidation somptuaire. Les Français découvrent avec M. Nicolas Sarkozy un exemple désolant de ce comportement tape-à-l’œil.

Pourquoi cela est-il un moteur de la crise écologique ? Pour le comprendre, il nous faut nous tourner vers le grand économiste Thorstein Veblen, dont la pensée était rangée par Raymond Aron au même niveau que celles de Carl von Clausewitz ou d’Alexis de Tocqueville. Bien oubliée aujourd’hui, elle n’en présente pas moins une saisissante pertinence.

Résumons-la à l’extrême. Que disait Veblen ? Que la tendance à rivaliser est inhérente à la nature humaine. Chacun d’entre nous a une propension à se comparer aux autres, et cherche à manifester par tel ou tel trait extérieur une petite supériorité, une différence symbolique par rapport aux personnes avec lesquelles il vit. Veblen ne prétendait pas que la nature humaine se réduit à ce trait, il ne le jugeait pas d’un point de vue moral, il le constatait. S’appuyant sur les nombreux témoignages des ethnographes de son époque, il constatait aussi que cette forme de rivalité symbolique s’observe dans toutes les sociétés.

De surcroît, poursuivait-il, toutes les sociétés produisent assez aisément la richesse nécessaire pour satisfaire leurs besoins de nourriture, de logement, d’éducation des enfants, de convivialité, etc. Pourtant, elles produisent généralement une quantité de richesses bien supérieure à la satisfaction de ces besoins. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de permettre à leurs membres de se distinguer les uns des autres.

Veblen constatait ensuite qu’existent le plus souvent plusieurs classes au sein de la société. Chacune d’entre elles est régie par le principe de la rivalité ostentatoire. Et, dans chaque classe, les individus prennent comme modèle le comportement en vigueur dans la couche sociale supérieure, qui montre ce qu’il est bien, ce qu’il est chic de faire. La couche sociale imitée prend elle-même exemple sur celle qui est située au-dessus d’elle dans l’échelle de la fortune. Cette imitation se reproduit de bas en haut, si bien que la classe située au sommet définit le modèle culturel général de ce qui est prestigieux, de ce qui en impose aux autres.

Que se passe-t-il dans une société très inégalitaire ? Elle génère un gaspillage énorme, parce que la dilapidation matérielle de l’oligarchie – elle-même en proie à la compétition ostentatoire – sert d’exemple à toute la société. Chacun à son niveau, dans la limite de ses revenus, cherche à acquérir les biens et les signes les plus valorisés. Médias, publicité, films, feuilletons, magazines « people » sont les outils de diffusion du modèle culturel dominant.

Comment alors l’oligarchie bloque-t-elle les évolutions nécessaires pour prévenir l’aggravation de la crise écologique ? Directement, bien sûr, par les puissants leviers – politiques, économiques et médiatiques – dont elle dispose et dont elle use afin de maintenir ses privilèges. Mais aussi indirectement, et c’est d’une importance équivalente, par ce modèle culturel de consommation qui imprègne toute la société et en définit la normalité.

Nous rebouclons maintenant avec l’écologie. Prévenir l’aggravation de la crise écologique, et même commencer à restaurer l’environnement, est dans le principe assez simple : il faut que l’humanité réduise son impact sur la biosphère. Y parvenir est également en principe assez simple : cela signifie réduire nos prélèvements de minerais, de bois, d’eau, d’or, de pétrole, etc., et réduire nos rejets de gaz à effet de serre, de déchets chimiques, de matières radioactives, d’emballages, etc. Ce qui signifie réduire la consommation matérielle globale de nos sociétés. Une telle réduction constitue le levier essentiel pour changer la donne écologique.

Qui va réduire sa consommation matérielle ? On estime que 20 à 30 % de la population mondiale consomme 70 à 80 % des ressources tirées chaque année de la biosphère. C’est donc de ces 20 à 30 % que le changement doit venir, c’est-à-dire, pour l’essentiel, des peuples d’Amérique du nord, d’Europe et du Japon. Au sein de ces sociétés surdéveloppées, ce n’est pas aux pauvres, aux RMIstes, aux salariés modestes que l’on va proposer de réduire la consommation matérielle. Mais ce n’est pas non plus seulement les hyper-riches qui doivent opérer cette réduction : car même si MM. Sarkozy, Vincent Bolloré, Alain Minc, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Jacques Attali et leur cortège d’oligarques se passent de limousines avec chauffeurs, de montres clinquantes, de shopping en 4 x 4 à Saint-Tropez, ils ne sont pas assez nombreux pour que cela change suffisamment l’impact écologique collectif. C’est à l’ensemble des classes moyennes occidentales que doit être proposée la réduction de la consommation matérielle.

On voit ici que la question de l’inégalité est centrale : les classes moyennes n’accepteront pas d’aller dans la direction d’une moindre consommation matérielle si perdure la situation actuelle d’inégalité, si le changement nécessaire n’est pas équitablement adopté. Recréer le sentiment de solidarité essentiel pour parvenir à cette réorientation radicale de notre culture suppose évidemment que soit entrepris un resserrement rigoureux des inégalités – ce qui, par ailleurs, transformerait le modèle culturel existant.

La proposition de baisse de la consommation matérielle peut sembler provocante dans le bain idéologique dans lequel nous sommes plongés. Mais, aujourd’hui, l’augmentation de la consommation matérielle globale n’est plus associée avec une augmentation du bien-être collectif – elle entraîne au contraire une dégradation de ce bien-être. Une civilisation choisissant la réduction de la consommation matérielle verra par ailleurs s’ouvrir la porte d’autres politiques. Outillée par le transfert de richesses que permettra la réduction des inégalités, elle pourra stimuler les activités humaines socialement utiles et à faible impact écologique. Santé, éducation, transports, énergie, agriculture sont autant de domaines où les besoins sociaux sont grands et les possibilités d’action importantes. Il s’agit de renouveler l’économie par l’idée de l’utilité humaine plutôt que par l’obsession de la production matérielle, de favoriser le lien social plutôt que la satisfaction individuelle. Face à la crise écologique, il nous faut consommer moins pour répartir mieux. Afin de mieux vivre ensemble plutôt que de consommer seuls.

Hervé Kempf

Journaliste, auteur de Comment les riches détruisent la planète, Seuil, Paris, 2007.

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