Collectif Front de Gauche de Bouray-Janville-Lardy

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Ce blog est un outil de contact et d'information créé  par le Collectif Front de Gauche de Bouray-Janville-Lardy, présent sur les communes de Bouray sur Juine, Janville sur Juine, Lardy et plus loin...  il s'adresse aux citoyens qui placent l'Humain au centre de leur quotidien et de notre société.

A l'origine le Front de Gauche et son programme "L'Humain D'abord" est une coalition de partis politique français (PCF, PG, Ensemble, PCOF, République et Socialisme) souhaitant rassembler les forces de la gauche antilibérale hostiles notamment à l'Europe libérale et à la ratification du traité de Lisbonne.

Le collectif soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon (JLM2017) à l'élection présidentielle et son programme "L'avenir en commun" .

 

Félicitations aux députés du Parti Communiste Français et de France Insoumise

 

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  « Le système n’a pas peur de la gauche, il a peur du peuple. »

 

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17 juillet 2019

L'image que je retiens du gouvernement Macron

"Si vous désirez une image de l'avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain... éternellement." ~Georges Orwell, 1984.

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08 juillet 2019

Ascoval, des sidérurgistes aux nerfs d’acier

6 juillet 2019 | Mise à jour le 4 juillet 2019
Par | Photo(s) : Eric Guéret / Bonne Pioche télévision
Dans un documentaire passionnant, le réalisateur Éric Guéret a suivi, pendant un an, le combat des métallurgistes de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve afin de s’opposer à sa fermeture. Alors que leur lutte continue aujourd’hui, le film, déjà diffusé au mois de mars sur LCP, est à revoir sur Dailymotion.

L'histoire est connue. Elle a régulièrement défrayé l'actualité sociale depuis deux ans. Elle s'est presque imposée comme une série dans nos colonnes. Le nord de la France. Saint-Saulve, commune de 11 000 âmes. L'aciérie Ascoval, fleuron de la métallurgie française, est menacée de fermeture ; ses 300 salariés ont une année pour trouver un repreneur.

Dans Ascoval, la bataille de l'acier, le documentariste Éric Guéret suit une année de combat, en immersion, au plus proche des ouvriers, des responsables syndicaux et de la direction. Quelques mois plus tard, on aimerait pouvoir dire qu'il n'y a plus de suspense, mais les rebondissements douloureux continuent.

Après le soulagement de la reprise du site par Altifort, fin décembre 2018 – date à laquelle se termine le film –, nouveau coup de massue pour les ouvriers qui apprennent que le groupe ne peut réunir les fonds nécessaires à son projet. Ce sera, finalement, le sidérurgiste britannique British Steel qui reprendra l'aciérie avant qu’il ne soit à son tour déclaré en faillite sur son sol, il y a deux mois…

Éric Guéret, un témoin au plus près des faits pendant un an

Mais le film d'Éric Guéret dépasse cette lutte, car « la bataille pour sauver l'aciérie Ascoval est le symbole d'une bataille bien plus vaste qui nous concerne tous : face à la mondialisation, est-il possible de sauver l'industrie française ? » pose le documentariste dans son prologue.

En effet, tout y est : baisse des coûts drastiques pour redevenir compétitif ; chasse au « gaspillage » ; sacrifices financiers ; retour sur les accords de temps de travail… Bref, une casse en règle des acquis sociaux au nom de la sauvegarde de l'emploi.

Face à la logique de compétitivité implacable assénée par la multinationale Vallourec, actionnaire et principal client de l'aciérie, les ouvriers passent par toutes les phases :
espoir ; incrédulité ; résignation ; colère.

Et leurs témoignages, leurs paroles, tristement sincères, s'opposent aux éléments de langage de la plupart des politiques qui montrent un État démuni, réduit aux effets d’annonce et à l'incantation, malgré son statut d'actionnaire et ses multiples participations financières.

Des collusions nauséabondes qui confinent au scandale d'État

Certains rebondissements invraisemblables montrent même une oligarchie empêtrée, en coulisses, dans des collusions nauséabondes qui confinent au scandale d'État. Devant les caméras, on fait mine de se démener pour encourager la reprise alors que, en sous-main, on les décourage. L'analyse de la situation par Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, est à ce titre confondante de franchise.

Je ne suis pas un saint,
mais je crois n’avoir jamais pratiqué comme ça.
Xavier Bertrand, ex-ministre de Sarkozy

L’ex-ministre de Sarkozy pointe ainsi « une volonté délibérée de saper le projet. Duplicité, tout simplement. J’ai été de l’autre côté de la barrière, ministre pendant sept ans… Je ne suis pas un saint, mais je crois n’avoir jamais pratiqué comme ça. Ils ont essayé par tous les moyens de saper la confiance dans le repreneur, de dissuader le repreneur. »

Pour Xavier Bertrand, l’État est sous tutelle
de Vallourec dans le dossier Ascoval

« On pourrait penser que c'est l'État qui dirige, comme ils ont [sic] 17 % de Vallourec. Eh bien non ! C'est Vallourec, avec sa situation inquiétante. Et aussi, je le dis, avec les très bonnes connexions, la proximité, les amitiés qu'ils ont au cœur de l'État, et pas seulement à Bercy, qui tire complètement les ficelles. »

Et l’ex-ministre du Travail et de la Santé de dénoncer : « L'hyperproximité […], la complaisance d'État. Un jour, on est au cœur de l'État, dans les cabinets ministériels, et puis, le lendemain, on se retrouve à la tête d'une grande entreprise et on continue à se voir, à se parler. Ils sont tous copains. »

Un documentaire qui oscille entre
tragédie, thriller politique et enquête

En suivant les tentatives des ouvriers de sauver leurs emplois dans cette sombre jungle, le film oscille entre tragédie, thriller politique et document d'enquête. Il constitue aussi une somptueuse photographie de la sidérurgie : cadrages en forme de tableaux ; réalisation soignée ; lumière maîtrisée, même dans l'antre du monstre de fer…

Éric Guéret met en images un lieu de travail monumental, éreintant et somptueux à la fois. Un lieu où se coordonnent des métiers hautement qualifiés qui transforment des débris en matières de pointe et en valeur ajoutée.

Chaque personne a une grosse responsabilité dans l'usine,
et ça nous met en valeur. On sent qu'on sert à quelque chose
et, nous, on n'a pas voulu perdre cet emploi-là.
Nacim Bardi, métallo et syndicaliste CGT

Le réalisateur révèle aussi la culture fraternelle des métallurgistes, soudés. « Chaque personne a une grosse responsabilité dans l'usine, et ça nous met en valeur. On sent qu'on sert à quelque chose et, nous, on n'a pas voulu perdre cet emploi-là. Quand l'usine va fermer, je vais me retrouver à travailler à la chaîne sans réfléchir, comme un robot », explique Nacim Bardi, syndicaliste CGT.

Avant de poursuivre, la tête haute :« La sidérurgie, c'est vraiment un monde à part. On dirait des bourrins, mais non, derrière, il y a quand même un travail intellectuel. C'est vrai qu'on est sales, mais c'est l'environnement qui veut ça. »

Un témoignage primé, à voir – ou à revoir – en accès libre

« C'est un métier noble, confirme Olivier Burgnies, syndicaliste CFDT. Ça m'impressionne toujours qu'on parte de ferraille et de recyclage, et qu'on arrive à un produit fini avec une haute valeur ajoutée. » Diffusé sur LCP le 16 mars dernier, primé du Grand Prix d'or au festival Écrans publics le 2 juillet, le film est à voir – ou à revoir – en accès libre, disponible sur Dailymotion et ci-dessous.

 

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22 juin 2019

et si les bêtes nous expérimentent ?

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20 juin 2019

Proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris

En deux jours, 195 000 soutiens enregistrés et validés. Maintenons le rythme pour arriver rapidement au premier million.

Pour signer  referendum.interieur.gouv.fr

 

https://www.referendum.interieur.gouv.fr/

 

Lardy: 33/4215 votes

Bouray: 10 /1553 votes

Janville: 15/1482 votes

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13 juin 2019

Référendum d'Initiative Populaire : Privatisation d'aéroport de Paris

 

Le top départ de la collecte des signatures en faveur du #ReferendumADP commence le 13 juin à zéro heure

Objectifs: 4 717 396 signatures

 

Déposer un soutien à la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris

Proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris

Vous pouvez déposer un soutien à la proposition de loi visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris en cliquant sur ce lien.


 

 

 

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09 juin 2019

Pourquoi les armes françaises ne tuent pas de civils ?

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08 juin 2019

Chronique d’un combat contre le fatalisme

Mobilisation pour sauver l’usine Ford à Blanquefort

par Philippe Poutou

« Les entreprises vivent et meurent : c’est la vie. » C’est ainsi, en substance, qu’un président français justifia la fermeture d’une usine Renault à Vilvorde, en Belgique, en 1997. En 2019, c’est le tour de Ford à Blanquefort, près de Bordeaux. Mais l’apathie des pouvoirs publics se heurte à une résistance ouvrière dont témoigne ici Philippe Poutou, délégué syndical de l’usine. En juillet, la justice devrait trancher.

Tout semble perdu. Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est homologué, la production s’arrêtera en août prochain, les lettres de licenciement seront envoyées le 1er octobre suivant. Les pouvoirs publics travaillent sur l’après, qu’ils appellent « revitalisation du territoire ».

Or nous sommes quelques-uns à ne pas abandonner. Non, cette histoire n’est pas finie. Ce que nous n’avons pas obtenu jusqu’à présent par la mobilisation ou par l’intervention de l’État, nous pourrions l’obtenir par la justice. Tant que l’usine n’est pas fermée, tant que nous sommes encore là, aucune raison de baisser les bras. Il y a encore l’espoir de réussir un exploit en sauvant une usine et des emplois.

Après des années de manœuvres et de mensonges, les dirigeants de Ford ont mis fin à un faux suspense en dévoilant leur intention de liquider le site de Blanquefort (Gironde). En deux temps : annonce du désengagement en février 2018, et de la fermeture le 7 juin suivant.

Cela fait plus de dix ans que l’entreprise veut liquider le site. Le premier essai intervient en 2008, mais une forte mobilisation l’en empêche. Elle vend alors à un repreneur bidon (2009), puis revient, rachète (2011) et relance l’activité avec la production d’une nouvelle boîte de vitesses. La lutte avait aussi permis un accord avec l’État, débouchant sur l’engagement (2013) de maintenir au moins mille emplois sur cinq ans… en échange de quelques millions d’euros de subventions.

Mais ce n’était qu’un répit. Ford n’a pas changé d’objectif. La Confédération générale du travail (CGT), syndicat majoritaire à Blanquefort, dénonce l’entourloupe qui mène forcément à la catastrophe. De 2013 à 2018, les collectivités territoriales et le ministère de l’économie sont alertés. En 2015, alors que les pouvoirs publics ne réagissent pas et continuent d’attribuer des subventions, nous saisissons le tribunal de grande instance (TGI) pour non-respect de l’engagement du maintien de mille emplois dès que le site de Blanquefort passe en dessous du seuil. En 2017, nous gagnons. Mais cela reste sans effet : production et effectif diminuent inexorablement, au fil des mois et des années, jusqu’à l’annonce de la fermeture, qui va réveiller les élus locaux et l’État, provoquant leur colère.

Cinquante millions d’euros de subventions

Ils s’indignent tous. Assez vivement, d’ailleurs. M. Alain Juppé, alors maire de Bordeaux, M. Alain Rousset, président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, le ministre de l’économie Bruno Le Maire et d’autres se disent trahis. Naïveté ou comédie ? Un peu des deux ? Le fait est que les dirigeants de Ford se sont bien moqués d’eux.

Pour les 870 salariés que compte alors l’entreprise, le choc est rude. L’ambiance dans l’usine était dominée depuis des années par le fatalisme, la certitude que la direction préparait des mauvais coups. Progressivement, tout se dégradait : moins de personnel, de production, de formation. On vieillissait, on s’usait moralement, entre ras-le-bol et écœurement, avec l’envie que tout s’arrête.

La colère était là. Il était clair pour tout le monde que Ford nous méprisait, profitait et abusait de la collectivité. Certes, nous avions gagné quelques années, mais cela ne suffisait pas à nous donner confiance pour la suite. N’avoir ni soutien extérieur ni perspectives n’aide pas à mener la bataille.

Nous réussissons plusieurs actions fortes, nous sommes nombreux à manifester en février-mars 2018, mais la mobilisation ne dure pas. Le coup a porté. Après des années de crainte, d’attente et d’usure, les dégâts sont là dans les esprits. Il y a évidemment plusieurs raisons à cette incapacité à mobiliser dans la durée. La résignation ne suffit pas à l’expliquer. Nous voyions bien que, pour engager le bras de fer, la plupart auraient eu besoin de quelque chose à quoi se raccrocher, de quelque chose à espérer. Ils ne croyaient pas à la victoire, tout simplement. Ils se félicitaient de la combativité de la minorité agissante, nous soutenaient, nous disaient que nous avions raison, mais ils n’avaient ni la volonté ni la force — par épuisement, par démoralisation… — de lutter avec nous. Un peu comme si nos collègues comptaient sur nous, espérant que le bruit que nous faisions et la médiatisation que nous obtenions allaient suffire.

Néanmoins, leurs gestes d’encouragement et de soutien, ainsi que ceux de la population, ont permis à notre résistance de tenir, avec ses bonnes surprises, avec des collègues plus ou moins mobilisés selon les occasions, menant à bien pas mal d’initiatives, dans et hors de l’usine — comme à Cologne, en Allemagne, siège de Ford Europe, en juin, ou encore devant le Mondial de l’auto, à Paris, en octobre —, réussissant à faire entendre notre colère.

Malgré cela, nous ne sommes pas parvenus à modifier le climat général. La résignation ne touche pas que les salariés. Partout, c’est pareil. Dans la population, autour de nous, la certitude règne, entretenue par les pouvoirs publics et diffusée par les médias dominants, que l’entreprise finira par fermer, quoi qu’on fasse ; que Ford aura le dernier mot, car à la fin ce sont toujours les patrons qui gagnent. On regarde l’ouvrier qui pleure, qui proteste, mais en présumant qu’il ne pourra rien changer.

Ce fatalisme arrange bien du monde. Il conforte les responsables politiques qui ne font rien ou si peu, qui se contentent d’une posture d’indignation. Rapidement, leurs déclarations glissent vers un réalisme froid qui relativise le drame : une usine ferme ; c’est triste, mais c’est la vie ; il va falloir passer à autre chose.

La liquidation du site de Blanquefort se fait par un plan de licenciements, l’ancien « plan social », aujourd’hui appelé PSE. La catastrophe sociale et collective est ainsi transformée en une somme de cas individuels. Le PSE est un système à tiroirs. Il y a ceux qui partent en préretraite, et puis les autres, qui créent leur entreprise, choisissent une formation ou trouvent un contrat à durée indéterminée (CDI). Il y a un cabinet de reclassement qui reçoit, guide, conseille chaque salarié, comme un Pôle emploi maison.

L’ensemble est pensé pour individualiser, diviser. Et c’est efficace : chacun reste dans son coin, dans sa propre histoire. Et cela fait du dégât, casse les solidarités, les perspectives communes, le collectif de travail. Avec pour objectif de réduire le risque de conflit, afin de préserver la paix sociale et le dialogue social. Un outil que les patrons et le pouvoir politique ont élaboré ensemble et perfectionné au fil des années. Nous y avons été immédiatement confrontés.

Tout cela explique en grande partie que nous n’ayons pas pu construire une mobilisation plus importante. Mais il s’y ajoute le fait qu’un tiers du personnel de Blanquefort était qualifié pour la préretraite, et donc moins concerné par l’obligation de rechercher un emploi ou par la peur du chômage. Son sort n’était pas enviable, mais, comme nous le disions entre nous, cela « limitait la casse ». Malgré tous ces handicaps, nous avons contesté, combattu, ce qui a permis de faire entendre notre colère, notre dénonciation de la fermeture de l’usine et des licenciements.

Notre lutte a suscité de la sympathie. Elle exprime une révolte qui fait du bien à beaucoup de gens, qui peut encourager et aider d’autres à relever la tête. Les réactions devant notre détermination à ne rien lâcher restent très positives.

Cette bataille est hautement politique, parce qu’elle touche tout le monde. La lutte pour les emplois directs concerne aussi les quelque deux mille emplois, publics comme privés, induits dans la région.

Durant l’année 2018, nous avons organisé cinq manifestations, à Bordeaux et à Blanquefort, pour rappeler qu’il y a l’usine Ford, mais aussi d’autres licenciements, d’autres suppressions de postes ailleurs, et qu’il nous faut réagir ensemble. Tenter d’amorcer une mobilisation large, embarquer les syndicats, les associations et les partis de gauche, sensibiliser la population, faire pression sur les pouvoirs publics.

En avril 2018, nous avons organisé, cette fois avec des intellectuels et des artistes solidaires, deux journées de débats et de concerts, et un livre est paru quelques mois plus tard (1). Nous avons aussi agi avec le mouvement des « gilets jaunes », en participant à leurs manifestations du samedi et en menant avec eux une action dans une concession Ford de la banlieue bordelaise. Ces initiatives, qui exprimaient un besoin de convergence entre milieux ouvriers, artistiques et intellectuels, nous ont donné force et confiance pour continuer.

L’autre aspect politique de notre combat a été la dénonciation de l’argent public indûment perçu. Ford a demandé et reçu des subventions dès qu’il a inauguré son usine de Blanquefort, en juin 1973. Près de 50 millions d’euros rien que ces huit dernières années ! Nous condamnons cet « assistanat ». Avec tout cet argent public, l’usine est de fait devenue en partie publique, ce qui devrait interdire à l’entreprise de décider seule de son sort. Qui est le propriétaire légitime, et qui décide ? La question de la réquisition ou, plus précisément, de la réappropriation de l’outil de production par la collectivité se pose. À la suite d’un bras de fer entre la multinationale et l’État en novembre dernier, M. Le Maire a lui-même évoqué une « nationalisation temporaire (2) ». Mais il n’avait pas l’intention de donner suite.

M. Le Maire et le président Emmanuel Macron ont haussé le ton, reprochant à Ford son « hostilité », son égoïsme, sa course au profit ! Devant le Sénat, en décembre dernier, le ministre de l’économie rendait même hommage aux syndicalistes déterminés à sauver les emplois, et opposait leur comportement à celui de la multinationale. Celle-ci refusait alors de vendre son usine de Blanquefort à Punch, le seul candidat à une reprise que l’État jugeait sérieux. La loi Florange du 29 mars 2014 impose à toute grande entreprise qui entend fermer un établissement et procéder à des licenciements collectifs de chercher un repreneur, mais elle ne lui impose pas d’en trouver un. Bien informé sur la législation française, Ford fait donc le minimum légal, et procède à des recherches formelles, mais sans résultat. Pas de chance !

Et l’État n’a pas mis ses menaces à exécution. M. Le Maire, qui se disait partisan d’un État qui prenne ses responsabilités, se heurte à une impuissance que l’État a lui-même construite au fil des réformes ultralibérales des quarante dernières années ; à mesure qu’il se dépossédait des moyens d’agir, il offrait aux capitalistes un surpouvoir. Mais des lois anticasseurs d’emplois permettraient d’inverser le processus. C’est une question de volonté politique.

Au cours de notre lutte, nous allons être les témoins de cette impuissance publique. Ford ne recule pas, décide de fermer, impunément, sans scrupules. Chaque réunion devient le théâtre des hésitations de l’État, de ses faiblesses, de son incapacité à défendre l’intérêt collectif. Impuissant parce que incapable de prendre des décisions politiques de fond : laisser faire ou alors réquisitionner.

La justice, dernier recours

Pourtant, le gouvernement aimerait prouver son efficacité ou son utilité. Alors que nous essayons de sauver nos emplois, il voudrait pouvoir sauver la face. Mais, confrontés à notre détermination à empêcher la fermeture de l’usine, les services de l’État, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), les ministères du travail et de l’économie sont incapables d’éviter la catastrophe. Piégés par leur propre idéologie, ils se font narguer par une multinationale américaine qui maîtrise mieux qu’eux les finesses du droit français, puisque ses avocats ont toujours une longueur d’avance. Affronter une entreprise aussi déloyale ne suffirait d’ailleurs pas, car tous les autres capitalistes, y compris français, comme Auchan, Carrefour ou Renault, fonctionnent et trichent de la même manière. Contraindre Ford obligerait assez vite à les contraindre eux aussi.

Le suspense entretenu autour de l’homologation du PSE, entre janvier et mars derniers, en a fourni l’illustration. Nous avons poussé pour que la Direccte refuse l’homologation. Ce qui fut fait une première fois le 29 janvier, après une forte hésitation de sa part et en profitant d’une petite erreur de procédure de l’employeur. Nous comptions alors gagner du temps afin de convaincre Ford d’accepter le repreneur. Mais l’entreprise ne plie pas, et, le 4 mars, au terme du délai, la Direccte homologue le même PSE, sans autre moyen de pression ou de contrainte.

Nous saisissons alors le TGI, en assignant Ford pour deux raisons : absence de motif et abus du droit de refuser un repreneur. Le constructeur réalise d’énormes profits, et son usine de Blanquefort était rentable. Or, sans motif économique, il ne peut y avoir de fermeture ni de licenciements économiques. À nous de le prouver sur le plan juridique.

Nous dénonçons ensuite dans l’abus du droit de propriété de Ford un abus de pouvoir. Les déclarations du ministre de l’économie et du président de la République confortent notre démarche (3). Nous leur avons d’ailleurs proposé de la soutenir personnellement en acceptant d’être « intervenants volontaires ». Nous attendons toujours leur réponse.

La procédure d’urgence a été acceptée, à la condition que nous assignions aussi le repreneur Punch, ce que nous avons fait. L’affaire sera ainsi jugée en présence de tous les acteurs. L’audience a été fixée au 4 juin. Et le jugement devrait être rendu cet été, c’est-à-dire avant que notre licenciement intervienne.

Si la justice nous donne raison, Ford se verra interdire de licencier et de fermer l’usine. Auquel cas nous devrons cette victoire à notre détermination, pour ne pas dire à notre acharnement.

Philippe Poutou

Délégué Confédération générale du travail (CGT) à l’usine Ford de Blanquefort, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à l’élection présidentielle de 2017 ; auteur de l’ouvrage Un ouvrier c’est là pour fermer sa gueule !, Textuel, Paris, 2012.

(1Collectif, Ford Blanquefort même pas mort !, Libertalia, Montreuil, 2018. Lire aussi Sorj Chalandon, « Jour de victoire », Le Monde diplomatique, décembre 2018.

(2« Le grand rendez-vous », Europe 1 - CNews -Les Échos, 7 janvier 2019.

(3M. Macron a dénoncé le « cynisme » de Ford (28 février 2019), et M. Le Maire sa « trahison » (13 décembre 2018).

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31 mai 2019

J’AVAIS ENVIE D’ECRIRE A JEAN-LUC MELENCHON

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mercredi 29 mai 2019
par  Jean-Luc Gonneau
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L’envie m’en a pris voilà deux semaines, puis je me suis dit que mieux valait attendre le scrutin européen. C’est fait. Donc, je pense que je vais lui écrire. Je commencerai par mettre les points sur certains i. D’abord, je suis Jean-Luc avant que Mélenchon le devienne, que ce soit bien clair. Ensuite, j’ai voté lors de ce scrutin pour la liste de la France Insoumise, parce que je suis de gauche et que, quoi qu’en disent certains galopins de LFI, cela a toujours, et aura toujours un sens, alors que peuple en a plusieurs. Et parce que le programme de LFI me convenait. Message à ces mal-comprenants ou faisant style de l’être : dire qu’il faut sortir des traités européens pour changer l’Europe n’est pas un blasphème mais une évidence. Et dire que c’est impossible est une démission. Ne pas changer les traités, c’est se condamner ad vitam à subir les diktats du libéralisme, mot bon chic bon genre prisé par le Touquetissime Macron ou le Versaillissime Bellamy pour masquer le concret de la chose : les diktats des lobbies financiers internationaux. Oui, il faut entrer au Parlement européen pour œuvrer à la sortie des traités actuels. Oui, la France doit œuvrer en ce sens. Et c’est bien mal parti.

Cela dit, j’ai l’intention de dire à mon cadet Jean-Luc qu’il a accumulé les maladresses depuis quelques mois. Où est passé l’enthousiasme à la fois argumenté et taquin des premiers mois du groupe parlementaire LFI ? Et ces émissions sur youtube, genre causeries au coin du feu, où JLM apparaissait affable, ne négligeant pas les pointes d’humour qui le distinguent tant des innombrables culs-serrés du monde politique et des quelques balourds qui confondent humour et blagues de comptoir, tout cela au service d’analyses à la fois précises et percutantes, d’une impeccable pédagogie au service d’une cohésion politique peu commune ? Cela nous rassurait, après un passage à vide post présidentielles que l’on peut comprendre.

Et puis vint le déluge, le piège des perquisitions se refermant suite à aux réactions tonitruantes et disproportionnées que l’on sait. On peut comprendre que ces perquisitions soient perturbantes, inappropriées, volontairement provocatrices. C’était là le piège. Balayer les sarcasmes avec le plumeau de son indifférence, telle était la solution. Et puis le retour des invectives à la presse, dans son ensemble ou au cas par cas (le cas par cas le plus vindicatif s’dressant d’ailleurs davantage aux sans-grades des gratte-papiers qu’aux ténors du verbiage, qu’il est de bon ton de nommer « éditorialistes ». Et puis Le Média, créé en fanfare, joyeuse, et qui se transforme en mauvais remake du Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodovar. Et puis cette « fascination » pour le gilet jaune Eric Drouet (pourquoi lui ? Sans aller jusqu’à la fascination, le discours d’une Ingrid Levavasseur était autrement mieux structuré). Et puis quelques exclusions ou mises à l’écart dans des conditions peu claires et parfois brutales, la mise en sommeil de cet « espace politique » mis en place lors de l’élection présidentielle, où étaient représentés les courants issus d’autres formations, notamment du PCF, et l’arrogance sinon de JLM du moins de son entourage vis-à-vis d’autres organisations de gauche. Il me revient à ce sujet une réunion à Montreuil de militants d’Ensemble et du PCF prêts à soutenir JLM pour la campagne présidentielle. LFI y délégua Alexis Corbière, futur député du coin. Résumé, brutal lui aussi, de son intervention. Je ne suis pas là pour négocier quoi que ce soit. Vous nous suivez ou vous restez sur le bord de la route. Il est vrai qu’Alexis n’a jamais fait dans la nuance.

Evidemment, la presse, très largement aux mains, comme le souligne à juste titre JLM, des plus gros intérêts capitalistes du pays, a fait ses choux gras de ces navrantes péripéties. Mais à quoi pouvait-on s’attendre ? Quand on fait des bourdes, il est fréquent qu’on les paye, et plus fréquent encore, quasi inévitable, si on représente une menace pour les intérêts politico-financiers en place. Que faire : errare humanum est, perseverare diabolicum, et là, le perseverare est un brin pesant. Plus de perseverare ? Plus d’homériques colères publiques ? C’est promis ? Balayer les sarcasmes, il n’y a que ça de vrai. Utiliser l’humour, comme tu sais le faire, il n’y a rien de tel.

Attendez, ce n’est pas tout. L’anecdote de la réunion de Montreuil évoquée précédemment a effleuré le sujet de la convergence des forces (maigrelettes en ce moment) de gauche. Il n’a pas échappé à nombre d’observateurs que lors des très récentes élections européennes, les programmes des listes LFI, PCF et Génération.s étaient compatibles à, disons, 90%. Tous comptes faits une fois les résultats connus, le total dépasse 12%. Ce n’est pas lourd, mais ce n’est pas nul. Une douzaine de députés au lieu de six. Ce ne fut pas. Reconnaissons ici que les torts sont partagés entre la volonté identitaire du PCF, la volonté égotique de Génération.s, la volonté hégémonique de LFI. Mais il eût peut-être fallu comprendre qu’après la tentative d’assassinat, presque réussie, de la gauche en France par les Hollande, Valls (dont nous saluons ici la claque prise à Barcelone et compagnie, le score de JLM ouvrait quelque espoir à la gauche française (donc au peuple). Il fallait pour cela rassembler et pas exclure. Rassembler nécessite un peu de tambouille, certes, et tu n’en voulais pas. Sauf que la tambouille à LFI, ça existe. Un mouvement gazeux, disais-tu ? C’est dangereux, le gaz, ça peut péter à la figure et brûler grave. Et ça peut cacher un fonctionnement qui est loin d’être exemplaire (voir plus haut).

Tout est à revoir dans les structures et le fonctionnement de LFI, tout est à repenser dans ses relations avec les autres forces de gauche. Les élections municipales sont proches et l’une des faiblesses de LFI tient à son modeste réseau d’élus. Il en faut plus, et ce n’est pas en partant seul à la bataille que LFI y parviendra. LFI a besoin d’un PCF qui se requinque, d’électeurs socialistes qui demeurent fidèles à la gauche, d’organisations écologistes qui ne soient pas macron-compatibles, comme risque de le devenir EELV, à l’instar d’autres partis Verts européens. Jean-Luc Mélenchon est probablement le plus cultivé de nos hommes politiques (ce qui n’est pas difficile, ricaneront les plaisantins), l’orateur le plus convaincant, sans doute le plus cohérent au niveau de ses propositions. Dans son entourage figurent de réels talents (Charlotte Girard, Clémentine Autain, François Ruffin, Adrien Quatennens…) même s’il y a aussi quelques bourrins. Il serait dommage que cela soit gâché par des impétuosités inopportunes et par cette espèce de bunker gazeux (quelle trouvaille !) qu’est devenue la France insoumise.

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