Cette réunion publique à l’initiative des militants communistes du dourdannais en Hurepoix et de quelques amis, a vu la participation , malgré des conditions climatiques difficiles, d’une cinquantaine de personnes. Parmi elles , un très large éventail de catégories sociales et de sensibilités différentes dont plusieurs gilets jaunes. Une vingtaine d’entre elles se sont exprimées dans un débat conduit par Michel Lacoux et moi-même. Voici ce que j’en ai retenu:

-     la dégradation climatique aura des conséquences dramatiques que nous laissons aux générations futures. A l’origine de cette dégradation, le système capitaliste  qui cherche à produire toujours plus avec l’exemple humoristique de « la caricature du cornichon » , condiment bien de chez nous mais qui est produit massivement en Inde. Autre exemple inadmissible que sont les conditions dans lesquelles  sont exploités les composants minéraux dans la fabrication des téléphones portables.

-     la diversité sociale est une des caractéristiques des gilets jaunes qui occupent le parking en forêt de dourdan  au carrefour entre la direction de St Arnoult et la direction de l’autoroute; parmi les actions organisées: des barrages à la sortie/entrée du péage pour réclamer la gratuité d’accès du fait que la société d’autoroute a largement amorti ses emprunts et que le budget qui pèse sur les usagers obligés de le prendre pour aller à leur travail représente plus de 1 000€/an.

-     la précarité dans laquelle se trouve nombre de nos concitoyens  et les difficultés pour remonter la pente ne sont pas suffisamment pris en compte. Priorité aux solutions pour l’aide à sortir de la précarité.

-     quelle est la logique des prix des loyers dans les HLM où l’on constate que des ménages âgés occupant depuis des décennies des appartements de quatre ou cinq pièces mais se voient proposer des loyers plus élevés pour occuper des logements plus petits ?

-     l’impasse dans lequel se trouvent les mobilisations citoyennes auxquelles nous assistons depuis des années et qui ne sont pas entendues. Quelle solution politique pour sortir de la Vème république et garantir la représentativité du peuple ?

-     l’information récemment révélée sur l’exemple de  28 plus grandes fortunes du monde et qui détiennent autant que la moitié de l’humanité la plus déshéritée. D’où la question de la répartition des richesses.

-     sur la question de la représentativité politique des gilets jaunes: faut-il qu’ils s’organisent à l’image des partis ou des syndicats ? Ce mouvement est il a-politique ? Non, car tout est politique , mais ce mouvement peut être qualifié comme non partisan.

-          le capitalisme qui dirige le monde est sensé s’auto-réguler. On constate le        contraire , mais comment peut-on faire pour forcer son autorégulation ?

-          sur le rôle des partis politiques et leur apport dans la société: sont-ils des structurées périmées , comprenant des sachants , des experts qui imposent des solutions aux électeurs citoyens , ou bien ne devraient ils pas être des forces de propositions, au contact de leurs concitoyens en vue de leur faire s’approprier des mesures plus justes et équitables ? Les gouvernements peuvent-ils continuer à diriger sans l’aval du peuple ?

-          par quel phénomène assiste t’on à l'augmentation des milliardaires sur la planète mais également en France ?  aucune loi n'interdit ni ne restreint la distribution des bénéfices d'une entreprise; aussi, depuis des années tout le bénéfice est distribué aux actionnaires (en France nous sommes la championne du montant de la distribution sur l'Europe).

-           le CICE ( Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) était à l’origine une réduction sur les salaires . En 2018: 7.5% sur le brut jusqu'à un salaire de 3500 € à condition d'embaucher, mais le Medef n'a jamais signé et continue à licencier par centaines et plus, sans jamais avoir de compte à rendre à l'Etat. Les entreprises du CAC l'utilisent toujours.

-          le CICE vient directement en déduction du bénéfice, donc du solde à pouvoir distribuer aux actionnaires après impôt sur les sociétés, et il a largement contribué à la hausse de la distribution de dividendes aux actionnaires. Les PME, artisans, petits commerçants... n'utilisent pas ce CICE car souvent ils ne font pas de bénéfices donc ne peuvent le déduire.

-          les médias nous rabâchent que les quelques miettes données en ce moment vont creuser le déficit national , mais nous n’avons jamais  entendu dire que la suppression de l'IFS et de la taxe sur les transactions financières creusaient le déficit.

-          Le CICE représente des milliards et il vient en déduction des impôts des sociétés au 31 mars prochain; plusieurs économistes préconisent de retarder cette réduction de plusieurs mois afin de pouvoir répondre aux exigences actuelles des salariés, gilets jaunes.....

-          la politique européenne est appliquée à partir de statuts négociés entre les grandes formations actuelles du parlement européen à savoir ultra-libéraux , ultra-nationalistes et socio-démocrates attirés par le libéralisme. Il est urgent de renégocier ces statuts qui donnent la priorité aux marchés financiers.

-          les politiciens ( terme utilisé pour désigner les responsables politiques dominants ) sont les relais des pouvoirs financiers. Les travailleurs , qu’ils soient salariés ou travailleurs indépendants, sont soumis à la dure loi de la compétitivité : «mon voisin est capable de faire le même travail mieux que moi». Cette idéologie dominante place également les régions et les nations dans le même état d’esprit dans lequel la notion de solidarité a disparu.

-          la violence policière devient une pratique de plus en plus répandue par nos gouvernants eu égard aux manifestations des gilets jaunes. Sous prétexte d’état d’urgence, les manif sont de plus en plus encadrées, réprimées et doivent se conformer à des critères administratifs injustifiés. 

-          la compétence de Macron est contestée en raison de son jeune âge, donc de son manque d’expérience. D’où la nécessité de contre-pouvoirs.

-          la participation à l’effort pour redresser les comptes de la nation est sans cesse évoquée par le pouvoir et les relais médiatiques. Mais cette participation n’est jamais réclamée pour les grandes fortunes et les actionnaires des sociétés du CAC 40. Comment va-t-on avancer ?

-          une justice à deux vitesses est dénoncée comme un véritable scandale qui se perpétue depuis des temps immémoriaux et comme le disait Jean de la Fontaine, « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir ».

-          le mouvement des gilets jaunes s’étend à l’étranger. Une prise de conscience internationale émerge sur le fait que le FMI torpille toute velléité d’indépendance , l’exemple de la Grèce est révélateur à cet égard. Il faut en tenir compte car ce mouvement peut être un embryon d’une lutte de classes à l’échelle mondiale.

-          le mouvement des gilets jaunes , qui dure maintenant depuis plus de deux mois, est en train de démontrer un recul du fatalisme. Le principe de la lutte commence à être intégré par les participants à ce mouvement. Il ne s’agit pas d’une révolte contre l’impôt, mais pour une autre répartition et utilisation de l’impôt, d’où la revendication du rétablissement de mesures très symboliques  telles que l’ISF et la suppression du CICE ! Il ne s’agit pas d’une jacquerie fiscale mais d’une révolte populaire et sociale : trop de taxes (TVA, CSG, TIPP, tabac etc ) cassent le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes.

-          le soutien aux pratiques agricoles écologiques locales peut être un levier pour un développement en matière d’emploi et un bénéfice pour le climat grâce aux circuits courts.

-          Pour les communistes présents dans la salle, la situation sociale et la mobilisation des gilets jaunes ainsi que les nombreuses luttes, notamment dans la santé, la poste et les transports, prolongent des actes de résistance déjà anciens. Elles font prendre conscience du rôle complémentaire des partis politiques à faire grandir le niveau de conscience de toutes celles et de tous ceux en proie aux difficultés quotidiennes. Elles permettent également de faire reculer le fatalisme et de contribuer ainsi à la construction d’une réelle alternative de transformation politique économique, sociale et écologique.

-          Il est important maintenant de travailler à des convergences avec les organisations engagées sur les mêmes objectifs pour trouver des solutions et aboutir à des résultats.

Dourdan le 23 janvier 2019

D. P.

 

(*) Invitation Réunion Publique