Une récente étude de la fondation Jean Jaurès tord le coup au mythe du vote FN hégémonique en milieu ouvrier.

https://jean-jaures.org/nos-productions/radiographie-des-votes-ouvriers

En effet, si 43% des ouvriers auraient voté pour Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2017, 30 % auraient voté à gauche et 17 % pour Emmanuel Macron.

Le vote FN varie fortement parmi les différentes générations d'ouvriers et la qualification professionnelle. Aussi on assiste à une variation de vote FN selon les régions. Si le vote ouvrier pour le FN dépasse les 50% dans les Hauts de France, la Franche-Comté, le Grand Est ou la Haute Normandie, il est bien plus faible dans le Midi méditerranéen, le Grand Ouest et tombe à 31% en Ile-de-France, où il est talonné par la gauche et En Marche. Le vote ouvrier est donc pluriel. Il est seulement hégémonique dans le quart nord-est du pays. Il est faible dans le Grand Ouest, où les niveaux de qualification sont pourtant faibles (importance de l'agro-alimentaire notamment).
Comment peut-on expliquer ce faible vote FN parmi les ouvriers franciliens ? Est-ce seulement lié à un niveau de qualification plus élevé qu'en province ou bien à une forte implantation des forces de gauche en milieu ouvrier. En tout, il existe bel et bien un vote FN du Nord populaire et un vote du Sud, moins populaire et plus petit bourgeois et de classe moyenne.

Le mouvement France Insoumise n' apas forcément récolté des voix dans ses milieux, plutot des déçus des parties traditionnelles PCF et Socialiste. De plus le vivier FI se trouve dans les grandes villes, loin des périphéries.

Il est tout à fait exagéré de dire que le vote FN est hégémonique chez les ouvriers, mais il dépasse les 40% chez les ouvriers qui votent.

Un autre élément de distorsion.

L' autre élément à prendre en compte pour relativiser le caractère massif du vote lepeniste en milieu ouvrier : la non inscription sur les listes électorales. Il y a au moins 3 millions de non-inscrits, si l'on en croit un rapport parlementaire remis en 2014 :
http://www.assemblee-nationale.fr/14/pd ... /i2473.pdf

A ces non inscrits, les auteurs du rapport ajoutent 6,5 millions de mal inscrits (qui sont inscrits à des adresses où ils ne résident plus). La majorité de ces personnes sont issus de milieux populaires. L’abstention, la mal inscription et la non inscription génèrent un effet de loupe : elles rendent plus visibles les ouvriers électeurs du FN, parce que ces derniers forment une part non négligeable des ouvriers qui votent.

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