Article parue dans la Gazette des Communes (1)

Lors d'un colloque de l’Association des maires d’Ile-de-France, le 5 février au Sénat, un édile de Seine-et-Marne, Bernard Fabre, s’en est pris à l’augmentation-record des présidents de région et de départements ainsi que des maires de villes de plus de 100 000 habitants et des patrons de grandes intercommunalités.

Adopté nuitamment à l’Assemblée à la veille des fêtes de fin d’année, l’amendement est passé inaperçu. Promu par le ministre de l’Action et des comptes publics Gérald Darmanin, il porte pourtant de 5 512 à 7 716 euros bruts les indemnités des grands élus. Soit une hausse-record de 40 %. Bénéficiaires de cette mesure, les présidents de région et de départements ainsi les maires de villes de plus de 100 000 habitants. Les présidents d’intercommunalité de plus de 100 000 habitants (Métropoles, communautés urbaines, communautés d’agglomération et communautés de communes), dont les émoluments n’atteignaient pas tous 5 512 euros, se voient eux aussi attribuer une majoration de 40 %.

Une hausse qui, dans les différentes assemblées locales concernées, peut toutefois être revue à la baisse.

Les édiles ruraux au régime sec

Il n’empêche… Applicable depuis le 1er janvier, ce dispositif d’origine sénatorial destiné à compenser les effets du non-cumul des mandats suscite l’ire des édiles de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). La question a été abordée de front lors d’un colloque consacré ce 5 février 2018 au Sénat au statut de l’élu. Premier magistrat de Boissettes (Seine-et-Marne) et membre de l’AMRF, Bernard Fabre, a profité de  la tribune que lui a offerte l’Association des maires d’Ile-de-France (AMIF) pour crier sa colère.

L’élu qui  touche, a-t-il dit 521,16 euros nets au titre de son mandat, a égrené la liste de ses tâches : balayer la boue d’une rue avec ses adjoints et ses conseillers, ramasser les tôles d’un chantier emportées par le  vent, réparer la chaudière défaillante de la salle des fêtes sur les coups de 22 heures, régler un conflit de voisinage dans la nuit… Sans compter le travail administratif : écrire les arrêtés, les délibérations ou le PLU. Le tout, avec le concours d’une unique secrétaire de mairie.

Vent de fronde

« Nous sommes aussi tour à tour urbanistes, économistes, rédacteurs, animateurs… Si nous ne faisons pas le même métier que les grands élus, les mêmes règles s’imposent à nous », a fulminé Bernard Fabre. Il a tiré à boulet rouge sur la hausse de 40 %, « prise dans la discrétion des palais des assemblées, sans la moindre joute verbale ».

Si Bernard Fabre ne revendique pas une telle augmentation pour les maires de petites communes, il réclame une « équité ». En clair : une « revalorisation des indemnités les plus modestes ». « Mon indemnité passe chez le pompiste », a  coutume de dire Vanik Berberian, premier magistrat de Gargilesse-Dampierre et président de l’AMRF. Une situation de plus en plus intolérable aux yeux des maires ruraux qui militent pour une amélioration substantielle de leur statut. Vanik Berberian tiendra, ce 8 février 2018, une conférence de presse, en compagnie notamment du sénateur (PS) Henri Cabanel, tête de gondole du collectif Territoires en colère et de Philippe Pascot, auteur du best-seller  « Délits d’élus ».

 

 

Reference:

http://www.lagazettedescommunes.com/548133/hausse-de-40-des-indemnites-des-grands-elus-le-coup-de-gueule-dun-petit-maire/

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