Réflexion

Macron donne le choix aux communes d''organiser les temps scolaires. La réforme initiée sous le gouvernement de Hollande proposait 5 matinées d'école au lieu de 4, ce qui est un plus pour l'apprentissage, le reste de la journée étant organisé en Nouvelle Activité Périscolaire. Ces activités étaient subventionnées pour un temps par l'État (sur dossier),  mais de plus en plus de communes se trouvent dans l'impossibilité de proposer des activités pédagogiques faute de budget. Car cette réforme souffre d'un défaut majeur: une partie du financement du périscolaire revient aux communes, actant de fait la rupture égalitaire de l'enseignement entre les territoires.

Avec Macron, c’est le désengagement de l’état, l’étranglement des communes

Derrière cette forme de "liberté" on retrouve une détérioration de la cohésion territoriale. Après la perte du contrôle de la taxe professionnelle, la baisse des dotations de l’État, la réforme suivante actera la fin de la taxe d'habitation, normalement compensée par l'État, mais les modalités sont inconnues. 

Les mairies se voient encore privées d'un outil financier, ce qui affaiblit leur marge de manœuvre.

Un choix cornélien pour les communes

À charge pour les communes de trouver du budget pour faire tourner les activités périscolaires. Cela aura un impact sur le coût des activités périscolaires et l’emploi des professionnels de l’enfance.

Là où les solidarités nationales reculent, ce sont toujours les plus fragilisés qui trinquent

Le choix proposé aux communes ne constitue  pas seulement un alourdissement de leur  budget. Les salariés, les entrepreneurs ne peuvent pas adapter leur temps de travail et de transports aux horaires d'ouvertures des écoles.  Pour les communes qui ne pourront pas subventionner les garderies et les activités pédagogiques (s’il y en a), cela signifiera un coût supplémentaire aux familles, fragilisant encore les plus faibles. Ces dernières, face à ce coût, modifieront leur stratégie par une diminution de leur temps de travail, voire pour l’un des parents l’arrêt de son contrat de travail.  Généralement c’est toujours la même moitié de la population qui en fait les frais.  Ce sont les femmes, qui doivent déjà faire face à l'inégalité salariale, mais aussi à une perte des cotisations retraite par enfants (CF derniére réfome des retraites MEDEF-CFDT).

L’impôt est le pilier de notre société, l’État le lève et il est garant de sa bonne redistribution.  Ces dernières décennies, dans un contexte de dumping social et fiscal au niveau mondial, les plus favorisés ne participent plus à la société, se soustrayant à l'impôt (légalement et illégalement), actant l’appauvrissement de l’Etat.  Ce dernier, endetté, mais aussi par pure doctrine libérale, se désengage de tous les secteurs sauf de la sécurité et de l'armée.

Le désengagement de l’État a des conséquences fâcheuses pour les communes.  La réforme des temps scolaires n’en est qu’une facette.

Le cercle vicieux de la « gentrification »

Le transfert des charges de l’État sur les communes sans leur en donner les moyens:

-accentuera la rupture d'égalité entre les territoires.

-renforcera la ségrégation sociale entre villes riches et pauvres (pour preuve la différence entre les activités proposées aux gamins dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires selon l'endroit où ils habitent). 

-Induira une disparition de la mixité sociale ; les classes favorisées s'installeront préférentiellement là où la commune peut proposer des services, nous réinventons le déterminisme social. "Dis moi où tu vis et je te dirai qui tu es".

Immobilier en hausse => haut revenu => commune plus riche => plus de service => attraction exercée sur les hauts revenus => hausse de l’immobilier => départ des plus fragilisés, des jeunes etc…