On ne peut que regretter de la tournure des événements, l'émotion prends le pas sur le réfléchi

Nous sommes à deux semaines des événements tragiques, des attentats d’une violence inouïe dans notre capitale.  L’émotion est encore lourde.

Dans ce climat de tension, de peur, le rôle du politique et de l'état est primordial. Mais il ne faut pas en surjouer.

Quelques heures après ces actes de guerre, l’état d’urgence a été décrété en conseil des ministres. La gravité des événements exigeait l’application de cette disposition exceptionnelle permise par la loi du 3 avril 1955, qui – comme l’indique son premier article – « peut être déclaré […] soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’évènements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ».

Mais s’il est incontestable que la situation pendant et juste après les attentats exigeait l’état d’urgence,  les citoyens sont en droit d’émettre un doute quant à sa prolongation de 3 mois, sans pour autant être soupçonné de complaisance envers les meurtriers.

En parallèle à l’action nécessaire, il est de la responsabilité du politique, d’autant plus issu de la gauche progressiste de se montrer autrement rassurant, en réaffirmant certaines valeurs et en éclairant les débats. Si nos concitoyens sont demandeurs de sécurité c’est avant tout pour pouvoir continuer de jouir de leurs libertés.

N’est-ce pas précisément pour conserver leurs libertés que nos concitoyens souhaitent une intervention de l’état ? Et dès lors cette intervention ne devrait-elle pas s’apparenter à autre chose qu’à une surenchère sécuritaire qui dépasse l’objet de l’urgence ? ca dérape.

 « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux », écrivait déjà l’un des pères fondateurs des Etats-Unis, Benjamin Franklin.

« Modifier notre Constitution sur injonction de Daech, c’est donner aux terroristes la victoire qu’ils espèrent » Jean-Pierre Dubois (Juriste, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, et secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).)

L’extension de l’état d’urgence et ses dispositions connexes laisse poindre les limites et les dérives pour notre démocratie. La solution à terme n’est pas là.

  • "Comme le souligne l’ancien juge anti-terroriste, Marc Trévidic, dans la lutte contre le terrorisme, une seule cause majeure explique les insuffisances des forces de l’ordre : le manque de moyens humains et matériels de nos services de renseignement et de nos autorités judiciaires spécialisées." (groupe CRC, Sénat)
  • "Sur le plan extérieur, c’est la large coalition internationale sous l’égide de l’ONU qui permettra de détruire DAESH et d’enclencher la reconstruction de la région. Nous appelons l’Union européenne à agir dans ce sens." (groupe CRC, Sénat)
  • Reconnaitre nos erreurs,stoper cette hypocrisie de vouloir vendre des armes à travers le monde et de s'étonner du retour de baton, stopper cette schyzophrénie qui nous fait dérouler le tapis rouge aux dictateurs et chefs d'état au comportement moyenageux. (Daesh: Autopsie d'un Monstre)
  • "D’un point de vue plus national, la question de la transformation profonde de la société pour renouer avec le lien social est plus que jamais d’actualité.Tous les moyens doivent être mis sur l’éducation, la culture. Comment réagit la jeunesse des quartiers dont nous avions tant parlé en janvier ? Il y a urgence, grande urgence à redonner espoir aux quartiers populaires. Rien n’a bougé depuis sur ce plan." (groupe CRC, Sénat).

 

L'état d'urgence à été voté à l'unanimité par les députés de l'Assemblée Nationale,  (Projet de loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence et renforçant l'efficacité de ses dispositions) et au Sénat. ( Loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence et renforçant l'efficacité de ses dispositions)